Le 8 octobre 2005 : Du bois tortueux
Au matin, Boris est dehors, il glande au pied de l’immeuble en regardant la pluie. Il faut partir, tout en ouvrant le garage, on lui demande :
-« Mais Boris, tu travailles pas ?
-Non, je ne travaille pas. Avant j’étais soldat et puis il y a eu la guerre. Es war schlecht (c’etait mauvais).
Avant le conflit, j’avais une maison près du lac, elle a été détruite. Maintenant, c’est ça mon boulot. »
Il assemble deux morceaux de bois formant un ensemble de tête et de corps :
-« Je travaille ici et puis j’ai une autre pièce où je fais mes statues. »
Il va chercher du bois tortueux, des morceaux de racines qu'il retravaille ensuite. Son bonhomme donne l'image de quelqu'un torturé, noueux ...
Sous la pluie, on repousse les pédales, il nous regarde partir. Peut-être lui laissons-nous un peu de nous ? Il nous laisse un peu de lui. Il est de notre voyage en Croatie.
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Les petits beurres croates
Il y a de bonnes montées alternant avec de longues descentes, de la chance par ce temps. Le paysage est lunaire, parsemé de roches grises et de maisons a l'abandon.
Impossible de s'arrêter manger, on se refroidirait. Nous stoppons 5 minutes au bord de la route pour grignoter quatre ou cinq « petits beurres » croates. En fait, nous abattons nos 83 kilomètres d'un seul coup.
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Encore 3 jours !
Gracac est un bled. On tourne en rond sous la pluie, pas de « Sobe ». On entre dégoulinants et transis dans une superette. La caissière nous fait comprendre qu'il n'y a rien ici. Notre « mine » est défaite. Sa collègue nous dit d'attendre et se renseigne. Elle revient et nous dit : « - C'est bon ».
Sous le déluge, elle nous guide en voiture jusqu'au motel du coin. |
On nous installe au rez-de-chaussée, le tandem dans le couloir et les affaires toutes trempées sur la moquette. La non plus pas de chauffage. Il fait 16 degrés dans la chambre, pas d'eau chaude, mais au moins, on est au sec.
Ras le bol de ce temps qui nous « mine », on appelle à la maison pour connaître les prévisions météo. Ben oui, on finit par douter des Croates car chaque jour ou on leur demande combien de temps ça va encore durer, ils répondent : « - Encore 3 jours ».
C'est déprimant et ça fait réfléchir à la suite du voyage, peut-être va-t-on éviter l'humidité et le froid. C'est galère avec le vélo Céline propose de faire le voyage en voiture à pédales.
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Le 9 octobre 2005 : Après la pluie, le beau temps
Enfin, la pluie cesse, au matin quel bonheur, la route semble « presque » sèche. Pas un trou de ciel bleu, mais une lumière blanche qui irradie a travers les nuages.
Juste de la luminosité et pour nous, c'est déjà comme s'il faisait grand soleil.
Un vent de fureur nous pousse dans les montées. Derrière, les nuages sont menaçants. On file vers le ciel bleu.
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Apres 69 kilomètres, ou va-t-on dormir ? On tente de demander dans un hameau a une mamie tellement heureuse de nous voir qu'on se dit : « - C'est bon ». Mais non, elle nous renvoie au resto routier d'a cote. Bonne pioche, le patron Daniel nous dit de planter la tente sur son terrain devant le bar. Dommage, c'est en bordure de route, les camions passeront toute la nuit. Mais des chiens surveillent le resto et c'est bien ; on ne s'inquiète pas pour le vélo.
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