Le vrai desert
Le vent semble avoir faibli, mais c’est toujours pas Byzance. Au bord de la route, quelques camionneurs s’arretent pour prier.
Le paysage change, voila le vrai desert. Il ne faut pas s’imaginer des dunes comme au Sahara. Le paysage est une steppe avec des roches et quelques epineux. De-ci, de-la, des bergers font paitre leurs moutons. |
Au hameau de Uwaysis, la nuit sera bientôt la. Nous nous arretons a la derniere tente bedouine. Dwasee n’accepte pas qu’on monte la notre et nous fait signe d’entrer sous la sienne. Ah, oui, elle est un peu plus grande ! Il nous accueille autour du poele a bois et fume des gauloises, avachi sur des tapis et coussins parmi la marmaille.
|
Soiree bedouine
Malek, sa femme, pose a terre le grand plateau pour le repas. Nous dinons avec le chef de famille. Enfin, suit le grand-pere, puis la femme et les enfants mangent les restes.
Dans cette famille, tout le monde est morveux. Ici, comme on pioche avec les doigts dans tous les plats et qu’on boit tous dans le meme gobelet, on partage tout : nourriture et microbes.
Ils se mouchent un doigt sur la narine droite, puis sur la narine gauche. Vu l’etat de leur dentition, ils ne connaissent pas non plus les brosses a dents et ils nous regardent bizarrement quand on les sort. Ils adorent se racler la gorge, roter et font du bruit avec la bouche quand ils boivent. C’est sur, raconte comme ca, ca fait un peu « Jacquouille » ! Mais avec famille et voisins, on passe une bonne soiree. Pas besoin de tele ou d’electricite.
|
Avec le cahier scolaire des enfants, Dwasee apprend a Nicolas a prononcer les mots en arabe, ce qui amuse les gosses ! On a meme le droit aux poemes et chansons du petit voisin.
Les bedouins sont devenus semi-sedentaires : les enfants vont a l’ecole et le camion ou le « pick-up » a remplace depuis longtemps le dromadaire.
Avec le poele a bois, la tente est pleine de fumee. Ca nous fait pleurer, mais eux sont habitues. Ils rigolent.
|
Mais ou sont les toilettes ?
Ils ont peut-etre un trou dans un coin. Malek nous fait signe d’aller plus loin et nous donne un pichet d’eau pour nous laver les fesses.
A notre retour, le lit est fait : des peaux de moutons et des grosses couettes en laine etalees par terre.
Ce soir, on s’endort entre cloches de chevres, belements de moutons, bebe qui pleure et hurlements de chiens. Ils se leveront plusieurs fois dans la nuit pour surveiller les brebis qui mettent bas en cette saison. |
Le 6 janvier 2006 : Froid dans le desert
Avant l’aube, hommes et femmes se levent pour la traite. On se lave les mains avec de l’eau rechauffee dans un vieux bidon metallique. D’ailleurs, il fait 5 degres sous la tente et dehors, tout est gele.
Au petit-dejeuner, on nous sert du lait de brebis auquel ils ajoutent un peu de the tres sucre. Quand on boit, ca laisse une grosse peau sur les levres.
On se dit aurevoir. Jusqu'à ce qu’on disparaisse, les mains s’agitent. |
Nous parcourons des vallons de pierre avec des plis comme d’anciens lits de rivieres. Et croisons parfois quelques tentes de bedouins.
Pas de vent et un soleil qui nous rechauffe. C’est la premiere fois depuis la Grece qu’on peut s’arreter sans avoir froid. |
A gauche Palmyre, a droite l’Irak. Que fait-on ? On hesite, mais on se rappelle que le tandem n’est pas blinde… On plaisante, mais on a une pensee pour un peuple qui est en train de souffrir.
|
|
|